Vins de Collioure

AOP Collioure et Banyuls Grand Cru
Vignoble de Collioure
  • Région viticole : vins du Roussillon.
  • AOP/AOC : Collioure.
  • Vinifications : vin rouge, vin rosé, vin blanc.
  • Cépages principaux : (en rouge et rosé) Carignan, Grenache, Mourvèdre, Syrah, (en rosé) Grenache gris, (en blanc) Grenache blanc, Grenache gris, Macabeu, Marsanne, Roussanne, Tourbat, Vermentino.
  • Cépages accessoires : (en rouge et rosé) Cinsault, Counoise | (en blanc) Carignan blanc, Muscat petits grains, Muscat d’Alexandrie.

Sur la Côte Vermeille, à ce point de rencontre où les Pyrénées plongent sur la méditerranée, Grecs et Phéniciens fondèrent le port de Collioure. On doit à leur présence l’implantation des premiers vignobles sur les coteaux qui dominent la cité. Sur ce terroir catalan le plus au sud de la région Occitanie, les vignes jouissent d’un ensoleillement superbe. Elles puisent leur sève sur des reliefs de schistes bruns découpés en terrasses. Nommées localement feixas, elles surplombent les alentours des trois autres villes de l’appellation : Banyuls, Port-Vendres et Cerbère. Sur les pentes parfois abruptes où se pratique une viticulture manuelle règnent les cépages méditerranéens typiques de l’appellation. Cohabitant fréquemment sur une même parcelle s’y recensent les Grenache noir, Syrah, Mourvèdre en parts dominantes, mais aussi Carignan, Cinsault ou Grenaches gris et blanc. Les vins de Collioure s’élaborent en vin rouge, vin rosé et vin blanc. Sur le même terroir mûrissent dans les chais les vins doux naturels de Banyuls et Banyuls Grand Cru. Gorgés de soleil, ils font la part belle au grenache noir qu’un élevage et un vieillissement maîtrisé pousse jusqu’à la plénitude de ses arômes.

Domaines de Collioure en vitrine

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Mieux connaître les vins Collioure

Résumés du cahier des charges de l’AOP Collioure

Géographie du vignobles de Collioure

Géologie du terroir

Accroché aux pentes des Pyrénées Orientales, le vignoble de Collioure est le plus méridional de France. Il court entre mar i mont, c’est-à-dire entre « mer et montagne » en catalan. Déclinant brutalement des 917 mètres du Pic de Sailfort jusqu’au niveau 0 en bord de mer, il est spectaculaire par ses coteaux très pentus. Quatre communes portuaires occupent les franges maritimes de ce vignoble de la « Côte Vermeille » : Cerbère, Banyuls-sur-Mer, Port-Vendre, Collioure.

Les limites naturelles de l’AOP Collioure sont identiques à celles de l’AOP Banyuls avec laquelle elle se confond :

  • Mer Méditerranée à l’est ;
  • crêtes pyrénéennes formant frontière avec l’Espagne au sud ;
  • piémont des Albères et plaine du Roussillon au nord ;
  • chaîne pyrénéenne à l’ouest.

Le soulèvement de la chaîne pyrénéenne a créé un paysage très tourmenté. De petits amphithéâtres alternent avec des belvédères qui surplombent de la mer. Les assises géologiques contribuent à la cohérence identitaire : le vignoble de Collioure s’enracine dans des schistes bruns à faible capacité de rétention d’eau. Cultivées en terrasses nommées feixas, les parcelles de vignes s’élèvent jusqu’à 400 mètres d’altitude. Dévalant en escaliers des hauteurs jusqu’aux vallées, elles occupent au plus bas des bandes alluvionnaires filtrantes et caillouteuses alimentées par les cours d’eau qui drainent la zone viticole.

À l’instar de l’ensemble du Roussillon, l’AOP Collioure bénéficie d’un taux d’ensoleillement annuel élevé. Il baigne dans un climat méditerranéen doux en hiver, chaud et sec l’été. La température moyenne, établie aux alentours de 15°C, est à moduler selon l’altitude. Bien que la moyenne thermique paraisse modérée, la vigne est soumise au quotidien à d’importants écarts thermiques.

Climat local

L’altitude interfère tout autant avec la pluviométrie qui se caractérise par un régime de pluies irrégulier et souvent violent. Les longues périodes de sécheresse estivale alternent avec les averses paroxystiques du printemps et de l’automne. L’érosion et le ravinement des sols sont précisément à l’origine de l’aménagement des vignes en terrasses. Un autre trait climatique est la fréquence des vents :

  • la « Tramontane », qui souffle du nord-ouest avec puissance et action desséchante, tend à préserver la vigne des maladies tout en ayant une incidence destructrice sur les jeunes rameaux de vignes au printemps ;
  • le vent marin, d’orientation est/sud-est, favorise quant à lui les entrées maritimes fraîches et humides qui viennent tempérer les ardeurs solaires estivales.

Sous ce climat à forts contrastes, la vigne compose l’essentiel d’un paysage où elle côtoie de maigres espaces boisés de chênes lièges et chênes verts, d’oliviers, d’arbustes méditerranéens et de landes.

Histoire du vignoble de Collioure

Comptoir phénicien

Sur la Côte Vermeille, la culture de la vigne remonte aux premiers comptoirs Phéniciens qui s’implantent sur le port de Collioure autour du VIIe siècle avant notre ère. La morphologie géologique et les avenants climatiques de la région imposent très tôt la culture en terrasses. Bien établi au début du Moyen- Âge l’aménagement du vignoble se consolide sous l’administration territoriale des Templiers. Sur ces pentes abruptes, le fort ruissellement des eaux a imposé en effet un système de canalisation singulier. Sur tout le vignoble de Collioure rayonne un réseau de rigoles nommées agouilles. Creusées dans les sols de schistes dont les plaques ensuite ordonnancées forment l’architecture, elles marquent chaque parcelle de sillons en éventail. Cette composition de canaux convergents qui rappelle la forme du pied de coq se nomme peu de gall en catalan.

Commerce maritime

Les villes portuaires contribuent au commerce florissant des vins de Collioure. Dès le XIIIe siècle, l’activité viticole est soutenue par Jacques 1er de Majorque, puis par les rois d’Aragon, qui rétrocèdent aux communes une taxe perçue sur les vins importés. La haute qualité de la production locale s’en trouve soutenue. À cette époque, le vin sec s’apprécie soit naturellement doux, soit « fortifié » par adjonction d’alcool. Doté d’un taux d’alcool élevé, il se prête au « voyage » et jouit d’une grande notoriété dans les cours voisines d’Aragon, de Castille, ou de Majorque. La réputation des vins de Collioure s’étend plus tard aux pays du nord vers lesquels il sont acheminés par voie maritime en empruntant le détroit de Gibraltar.

Bail à complant

En 1659 le traité des Pyrénées annexe le Roussillon à la France. L’économie de contrebande se développe pour contrecarrer l’instauration de taxes. L’État menaçant d’intervenir, l’Intendant de la Province du Roussillon établit un compromis. Celui-ci octroie des gratifications à la plantation de vignes afin d’inciter les contrebandiers à devenir vignerons. L’instauration de la pratique du « bail à complant » ou à « souche morte » en vigueur dans le vignoble de Collioure depuis l’époque médiévale stimule la culture de la vigne. Ce mode d’exploitation confère la propriété des pieds de vignes à un vigneron qui n’en possède pas le sol. Sous ce régime, le propriétaire foncier cède sa parcelle en copropriété, avec pour contrepartie l’obligation d’entretenir vivant chaque pied de vigne. Au fil du temps, le remplacement régulier des pieds morts conduit à complanter plusieurs cépages sur une même terrasse.

Essor portuaire

À partir du XVIIIe siècle, le commerce s’intensifie autour du port de Port-Vendres. Le chemin de fer parvient jusqu’à Collioure avant de faire jonction avec l’Espagne. La population grandit proportionnellement à l’essor de l’activité portuaire. La pratique du « bail à complant » popularise l’accès à un lopin de vigne. Le vin de Collioure prend son essor commercial sous l’impulsion des négociants. Dans ce contexte commercial, l’abbé Rous développe un petit négoce de vin de messe qui contribue à la restauration de l’église de Banyuls.

Crise du phylloxera

L’année 1885 marque la crise tardive du phylloxera. La maladie anéantit une grande partie du vignoble de Collioure. Cependant, la loi Arago de 1872 complétée par la loi Pams de 1898 confèrent un statut fiscal particulier aux vins naturellement doux. Le vignoble se spécialise alors dans la production de vins doux naturels qui élude la réputation acquise pour les vins secs. Dès 1936, l’appellation d’origine contrôlée « Banyuls » est accordée pour les vins doux naturels. Les vins de Collioure sont alors commercialisés en « vins natures du terroir de Banyuls » jusqu’en 1960.

Vin de Collioure

Trois couleurs : rouge, rosé et blanc

Le classement en AOP est acquis en 1971 pour le vin de Collioure rouge avant que ne suive la reconnaissance du vin de Collioure rosé en 1991 puis celle du vin de Collioure blanc en 2003. Depuis se superposent sur le même terroir l’AOP Collioure et l’AOP Banyuls. Les vins rouges tirent des Grenaches dominants une couleur soutenue, un nez dense où s’épaulent épices et fruits mûrs. Leur richesse est consolidée par une structure tannique favorable au vieillissement. Les vins rosés développent un bouquet fruité avec éclats de fraîcheur. Les vins blancs s’articulent autour des arômes de fleurs et de miel d’où émerge une légère note tannique.